Parc National de Marojejy
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Brèves

Les dernières nouvelles et les archives...


Propithèque soyeux (photo : © Kurt Baumgartner)
Propithèque soyeux
photo : © Kurt Baumgartner

Juillet 2010 : Patrimoine mondial en péril... [suite]

Novembre 2009 : La coupe illégale de bois de rose à l'intérieur des limites du parc national de Marojejy continue... [suite]

Mai 2009 : Le Marojejy est de nouveau ouvert au tourisme... [suite]

Avril 2009 : La crise continue... [suite]

Mars 2009 : Une crise majeure dans le massif de Marojejy et dans la région de la SAVA... [suite]

Janvier 2009 : Le marché de l'exportation des bois précieux est rouvert depuis le 19 janvier 2009 et forcément les trafics ont repris. Après deux ans d'inventaires les énormes stocks constatés (500 000 troncs)... [suite]

Décembre 2008 : Les premiers résultats de l'enquête menée récemment dans la zone d'Antsahaberoaka, au nord-ouest du parc national de Marojejy sont paradoxaux... [suite]

Octobre 2008 : Alors que les forêts de Madagascar se fragmentent de plus en plus, le massif du Marojejy apparaît désormais comme une 'île de biodiversité'... [suite]

Juillet 2007 : Le parc national de Marojejy a été inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO... [suite]

Avril 2007 : Deux cyclones ont dévasté le nord-est de Madagascar le mois dernier... [suite]

Février 2007 : Le trafic illicite de bois précieux dans le nord-est de Madagascar continue... [suite]

Novembre 2006 : Les collines aux alentours du parc de Marojejy sont encore en feu... [suite]

Mars 2006 : Menaces de mort sur un volontaire causant son évacuation... [suite]

Janvier 2006 : Le Logisticien du Parc est licencié après qu'il ait été découvert qu'il avait vendu 9 ha de terrain du parc... [suite]

Décembre 2005 : Le trafic de bois de rose provenant de Marojejy a encore repris... [suite]

Octobre 2005 : D'importantes zones à l'intérieur des limites du parc de Marojejy sont actuellement rasées pour les cultures sur brûlis des populations locales... [suite]


Juillet 2010

Le Comité du patrimoine mondial de l'UNESCO a inscrit les forêts humides de l'Atsinanana (Madagascar) sur la Liste du patrimoine mondial en péril en raison des coupes illégales de bois sur ce site et du braconnage visant les lémuriens, une espèce menacée. Le Comité tient actuellement sa 34e session sous la présidence de João Luiz da Silva Ferreira, ministre brésilien de la Culture.

Le Comité souligne que malgré un décret interdisant l'exploitation et l'exportation de bois de rose et d'ébène, Madagascar continue d'octroyer des permis d'exportation de bois en toute illégalité. Il note aussi que des pays ayant ratifié la Convention du patrimoine mondial sont néanmoins des destinations notoires de ce bois.

Le Comité prie instamment l'État partie de prendre immédiatement toutes les mesures d'urgence nécessaires afin de faire appliquer le décret et de mettre un terme aux coupes illégales. Il appelle aussi l'Etat partie à organiser un sommet réunissant les pays concernés afin d'agir pour que le bois illégal de Madagascar demeure interdit et qu'il ne puisse pas avoir accès à leurs marchés nationaux.

Etant séparées des autres masses terrestres depuis plus de 60 millions d'années, la faune et la flore de Madagascar ont évolué séparément. Les forêts humides de l'Atsinanana, qui sont englobées dans six parcs nationaux sur la façade orientale de l'île, sont très importantes pour le maintien des processus écologiques nécessaires à la survie d'une biodiversité unique reflétant l'histoire géologique de Madagascar. Nombre de ces espèces sont à la fois rares et menacées, particulièrement les primates et les lémuriens.

Source : Site de l'UNESCO

Pour tout connaître sur la crise du bois précieux :
Autre lien : Rosewood of Madagascar: Between democracy and conservation. Randriamalala, H. and Liu, Z.
Complément : Supplementary Material

 


Novembre 2009

Stockpile of rosewood logs
Stock de bois de rose en attente d'exportation

La coupe illégale de bois de rose à l'intérieur des limites du parc national de Marojejy (ainsi que du parc national de Masoala et de la zone de conservation de Makira) continue. Il a été estimé qu'entre 23 325 et 46 650 arbres de bois de rose d'une valeur dépassant les 70 millions d'euros, ont été coupés dans le Marojejy et dans le secteur nord de Masoala depuis janvier 2009. Ces troncs extrêmement denses et lourds sont tout d'abord péniblement abattus à la main, puis tirés hors de la forêt et finalement le long des rivières liés à d'autres troncs plus légers afin d'atteindre des axes routiers plus conséquents et accessibles aux camions, aux tracteurs ou autres bateaux.

Les impacts de cette activité illégale sont énormes et sont sérieusement ressentis dans et autour du Marojejy. Du tourisme en chute libre, combiné avec les très bas prix de la vanille, découlent de sinistres conséquences économiques pour les villageois. Le manque d'argent se fait ressentir à tout niveau : comme pour maintenir le poste d'enseignants dans des écoles reculées, aujourd'hui dans certains villages les enfants ne peuvent plus aller à l'école car il n'y a plus de personnel. La fumée des cultures sur brûlis (tavy) est plus dense encore que les années précédentes car la population préfère semer un maximum de surfaces afin de pourvoir donner à manger à leurs familles affamées. Le commerce de la viande braconnée, incluant le très menacé propithèque soyeux, est florissant. Le cercle vicieux et infernal de la pauvreté et de l'exploitation de la pauvreté est désormais en place. L'avenir n'en est que plus sombre.

Pourtant, malgré ces sinistres nouvelles, beaucoup de gens travaillent, tant au niveau local qu'au niveau international, pour l'amélioration de la situation. Par exemple, la chambre des représentants des Etats-Unis a récemment fait passer une résolution appelant au boycott des produits issus des ressources naturelles de Madagascar et ont en même temps condamné toute activité illégale. Le Missouri Botanical Garden et d'autres organisations environnementales, continuent de pousser et de mettre la pression sur les autorités pour arrêter le délictueux - et pourtant juteux - commerce du bois de rose. Une nouvelle fois, nous insistons pour dire que le parc national de Marojejy est une destination sûre et nous vous encourageons à venir voir cet endroit unique par vous-mêmes. Votre soutien pour le Marojejy—autant pour sa remarquable biodiversité que pour les villageois vivant autour—est plus important que jamais.

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11 mai 2009

photo : Eric Mathieu

Après avoir terriblement souffert durant cette sombre période où le parc était en état de siège face aux viles attaques de la ‘mafia du bois de rose' (voir nos articles précédents pour les détails), le Marojejy est désormais sauf et a été officiellement ré-ouvert aux visiteurs.

C'est une réelle bonne nouvelle et un soulagement conséquent que le calme soit enfin revenu sur la région, cependant il est fortement dommageable que la justice ne soit pas rendue ni même saisie à l'encontre des profiteurs de tout ordre qui ont lourdement et de manière totalement éhontée pillé le parc et terrorisé les populations locales. Beaucoup de ces personnes peu scrupuleuses restent en parfaite liberté et une vigilance continue est requise afin qu'ils ne recommencent pas leurs activités destructrices.

Pour les touristes par contre, le danger s'est éloigné et nous vous encourageons vivement à venir découvrir les merveilles du Marojejy. Les excellentes infrastructures (pistes, campements, bungalows etc.) sont restées intactes et ont été parfaitement entretenues ; la forêt primaire avec sa faune et sa flore incroyables reste (en grande majorité) toujours aussi vierge et primitive comme elle l'a toujours été depuis de nombreux milliers d'années.

Après cette période de troubles, votre visite et votre soutient sont particulièrement importants. Nous nous devons de montrer au peuple de la région de la SAVA (ainsi qu'aux autorités malgaches) qu'il y a un bien plus grand intérêt à préserver les forêts qu'en les exploitant bêtement en misant sur le profit à court terme. Ce ne sera que lorsque les villageois seront convaincus de l'énorme valeur de leur impressionnant héritage—la valeur du parc "intact" avec son écosystème en parfait état ainsi que ses lémuriens mais aussi ses bois de rose, que nous serons alors en mesure de sauver le Marojejy et sa région.

La réouverture du parc coïncide parfaitement avec la finalisation du nouveau centre d'accueil des visiteurs à Manantenina (village d'entrée au Marojejy). Le centre qui était en construction depuis plus de 4 ans et après bien des déboires ne servira pas uniquement en tant qu'excellente introduction à la découverte du massif pour les voyageurs mais également saura être une place de rencontre, de discussion et d'éducation pour les villageois alentours.

Nous vous remercions tous pour vos lettres, vos messages ainsi que vos contributions financières durant cette sombre et difficile période. Nous espérons vous voir rapidement dans le Marojejy !

Le nouveau centre d'accueil à Manantenina
Le nouveau centre d'accueil à Manantenina

Le nouveau centre d'accueil
photos : Eric Mathieu

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10 avril 2009
Coupe illégale de bois de rose dans le parc national de Marojejy
Coupe illégale de bois de rose dans le parc national de Marojejy

La crise continue ; le parc national de Marojejy demeure toujours fermé au tourisme. Sans renforcement majeur de la législation, et faisant face à une cupidité avancée et à une corruption des plus dévastatrices, les forêts de Marojejy sont condamnées à être pillées.

Des rapports extrêmement perturbants continuent de nous parvenir en provenance des villages à l'entrée du parc où il nous est désormais impossible de nous rendre sans prendre des risques démesurés. Des tonnes et des tonnes de bois de rose sont coupées dans le Marojejy et dans la région entière—apparemment à destination de la Chine. Les vandales ont leur organisation, leurs propres camps dans les abords de la forêt, perpétuant leurs méfaits au grand jour et devant tout le monde, menaçant les populations réticentes et achetant le silence des forces de police locales. La mafia du bois de rose est très puissante, très dangereuse et très bien organisée ; la tête du réseau se situant comme d'habitude à Antalaha, ville de tous les vices vis-à-vis de l'environnement.

Là-dessus, nous avons eu la malencontreuse mésaventure de découvrir un réseau de trafic de viande de lémuriens dans la région, basé à Anoviara, sous la houlette d'un sinistre individu s'imaginant être le propriétaire d'une sylve sans fin, des bandes armées sillonnent depuis des dizaines d'années les plus ancestrales forêts—y compris dans la nouvelle aire protégée de Makira—accompagnées de meutes de chiens dressées et établissent des campements pour y massacrer toute forme de vie primate. Les viandes, fumées sur place, sont écoulées dans la région, jusqu'à Tamatave et même dans la capitale nationale, Antananarivo.

Comme toujours, les plus touchés dans ces dramatiques circonstances, ce chaos, sont les villageois reclus dans leurs cases. Pendant ce temps, à Sambava, se déroulent des manifestations hostiles et hargneuses de gens encourageant au droit de couper, de récolter et de vendre le bois de rose, les villageois aux abords du parc sont en état de siège, plus de revenus provenant du tourisme, plus de devises étrangères, fortement mis sous pression et sous silence par les réseaux malveillants de la mafia locale. Ces pauvres gens qui se sont regroupés pour scander d'une seule voie leur opposition au massacre ont récemment été forcés de se disperser à l'occasion de semonces tirées en l'air et au-dessus de leurs têtes.

Les populations contribuant à la coupe de bois risquent leurs vies et sont exploités sans honte par cette arrogante mafia. Ils reçoivent moins de US$2.50 (2€) par jour pour transporter dans des conditions inhumaines les troncs tirés du plus profond de la forêt, ces troncs pèsent entre 100kg jusqu'à plus de 1 tonne (un tronc de 3m et de 1m de diamètre a été pesé à 1.5t à Sambava). A Antalaha, Sambava ou Vohémar, ces mêmes troncs sont exportés jusqu'à US$11 (8.50€) le kilo par la mafia local à destination des profiteurs étrangers (d'où la Chine ressort comme la principale destination, et de loin, avec près de 100% des chargements à sa destination).

Les routes en dehors des forêts sont désormais zébrées de rouge, sombres marques laissées sur le goudron par les volumes colossaux arrachées à la nature. Les derniers pans de forêts originelles se répandent en une triste hémorragie comme autant de sang versé sur le dos du profit sans nom… sans âme… et sans avenir…


Communiqué des ONGs de Madagascar
L'arbre ne doit pas cacher la forêt : Le Patrimoine des Malagasy en déperdition   Français  |  English  |  Malagasy

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20 mars 2009

La forêt pluviale de Marojejy
La forêt pluviale de Marojejy

C'est avec une profonde tristesse et un lourd désarroi que nous vous annonçons la fermeture temporaire du Parc National de Marojejy au tourisme. La fermeture a été jugée nécessaire par la direction du Parc en conséquence de l'anarchie régnant depuis le début des événements politiques qui ont durement secoué Madagascar. Désormais les pillages et d'infâmes destructions sont devenus des plaies journalières à l'intérieur du parc, notamment des bandes d'hommes armés (dirigés par de sournois profiteurs étrangers avec l'aide d'une riche mafia locale) dépouillent les forêts primaires de leur ressource la plus précieuse, le bois de rose qui pousse naturellement ici.

La crise à Madagascar complique sévèrement la donne à de nombreux niveaux. Bien sûr, tout d'abord l'impact fatalement nuisible qu'elle aura sur la faune et la flore unique du parc. Alors que de vieux bois de rose sont les objectifs principaux des gangs, il est certain qu'à côté de cela, avec cette volonté destructrice presque haineuse, ravageuse et sans contrôle, cet usage sans vergogne des ressources forestières causera de nombreux autres dommages sur tout ce qui a attrait au parc. Plus ennuyeux encore, la survie des populations des très menacés propithèques soyeux (n'existant que dans le parc et dans les zones environnantes) pourrait être remise en cause.

Mais la crise a bien d'autres effets dévastateurs en dehors des limites du parc lui-même. La simple présence de milices armées traversant les villages, menaçant systématiquement ceux qui s'opposent à leur trafic ; les habitants vivent désormais dans la peur, les communautés sont divisées et les familles se retrouvent opposées les unes aux autres. Beaucoup de gens qui vivaient du tourisme, les guides, les porteurs, les petites gargotes ou autres épiceries, se retrouvent aujourd'hui dans une situation difficile et très paradoxale. Sans autre ressource pour survivre, il se pourrait bien que nombre d'entre eux se tournent désormais vers ces trafics de bois de rose bien plus lucratifs.

Votre aide et votre soutien pour la conservation à Madagascar sont plus importants que jamais au cœur de cette tourmente.  Quand bien même vous ne pourriez visiter ces endroits merveilleux maintenant, nous espérons que vous ne les oublierez pas et que vous pourrez continuer à soutenir leur préservation. Nous vous tiendrons au courant de l'évolution de la situation locale dès que nous en saurons plus.

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Janvier 2009

Bungalows au camp Mantella
Bungalows sous la pluie - Camp Mantella
photo : © Eric Mathieu

Le marché de l'exportation des bois précieux est rouvert depuis le 19 janvier 2009 et forcément les trafics ont repris. Après deux ans d'inventaires les énormes stocks constatés (500 000 troncs) sont libres à l'export dans leur état brut. Comme par hasard, ces stocks se mettent à gonfler car les nombreuses caches se vident désormais de leurs contenus (au fond de la mer, sous terre) et certains ont même renvoyé leurs équipes dans les forêts et notamment le parc national de Masoala pour effectuer de nouvelles coupes sauvages.

Voir l'article paru dans l'Express de Madagascar le 24 janvier.

La crise politique débutée le 26 janvier n'a pas tardé à profiter aux exploitants 'terroristes' et profitant de l'anarchie régnant dans la ville d'Antalaha les 27 et 28 janvier, les camions des principaux traficants n'ont eu de cesse de dévaliser les stocks illégaux saisis par les Eaux et Forêts. On estime à près de 500 tonnes le volume récupéré car les allers et retours ont été permanents.

L'impact de la crise sera déjà certain sur l'environnement, conséquent sur le tourisme, la sauvegarde de ces patrimoines est donc plus que jamais menacée. C'est un triste constat auquel nous assistons désormais en spectateurs involontaires.

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Décembre 2008

Propithèque soyeux
Propithèque soyeux
photo : © Eric Mathieu

Les premiers résultats de l'enquête menée récemment par l'équip d'Erik Patel pendant 35 jours, dans la zone d'Antsahaberoaka, au nord-ouest du parc national de Marojejy sont paradoxaux. Si ils n'ont pas encore été étudiés, certifiés et n'ont donc pas encore une valeur scientifique réelle, ils n'en restent pas moins une impression générale que nous essaierons de retranscrire ici.

D'un côté, la découverte d'environ 16 groupes de propithèques soyeux comprenant 80 individus, beaucoup plus qu'attendu, avec de nombreux petits, des juvéniles, un sentiment extraordinaire a donné le sourire à tout le monde ici.
De l'autre, malheureusement, l'amère constatation d'une pression anthropique énorme, les entailles dans la forêt provoquées par des défrichements intempestifs, les troncs coupés pour le bois, le miel, l'élaboration des pièges - innombrables, des traces de campements de chasseurs encore récents...

La taille des territoires de ces groupes semblent à ce sujet plus petites qu'habituelles et on se demande si ce ne serait pas directement une conséquence des importantes pressions anthropiques qui obligeraient les groupes à se recroqueviller dans des espaces plus réduits. Les analyses de ces résultats et d'autres études prévues dans le courant de l'année prochaine donneront de nouveaux éléments de réponse à ces interrogations.

Alors, que penser en premier lieu ? Mieux vaut attendre les conclusions des chercheurs, de l'ANGAP également car devant ces résultats, si ils sont extraordinaires du point de vue du nombre d'individus comptés, que dire du travail de sensibilisation censé être réalisé, que dire de la conservation ? La simple évidence serait de dire qu'il y a encore énormément de travail notamment dans les zones les plus éloignées, la conservation a un prix et il serait temps de s'y atteler plus sérieusement.

Culture sur brûlis aux limites du parc
Brûlis aux abords du parc (12/2008)
Campement de chasseurs à l'intérieur du parc
Récent campement de chasseurs à l'intérieur du parc (12/2008)

Nous faisions part dans les nouvelles précédentes des efforts d'amélioration réalisés par l'ANGAP, malheureusement malgré l'excellent entretien des pistes, les projets hésitent, ralentissent voire tombent à l'eau. Les réalisations prévues pour 2008 sont décalées sur 2009. Quel dommage !

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Octobre 2008

Propithèque soyeux et bébé
Propithèque soyeux et bébé
photo : Jeff Gibbs

Alors que les forêts de Madagascar se fragmentent de plus en plus, le massif du Marojejy apparaît désormais en surbrillance et comme une 'île de biodiversité'. De ce fait, le parc attire de plus en plus d'intérêt de la part des scientifiques. Erik Patel et une équipe d'étudiants en primatologie de l'Université de Cornell aux Etats-Unis a récemment conduit plusieurs enquêtes sur les lémuriens et notamment le très rare et menacé d'extincition propithèque soyeux dans le nord-est du massif et projette également de réaliser des études similaires dans d'autres parties du parc national et même de la région. Très peu de choses sont connues à propos de la population encore existante ainsi que de la distribution régionale de ce lémurien unique et très menacé, duquel on pense qu'il n'existe que dans le Marojejy et dans les aires protégées à proximité que sont Anjanaharibe-Sud et Makira. Lisez d'autres informations sur le propithèque soyeux.

 
Plusieurs améliorations dans les infrastructures touristiques du Marojejy sont actuellement en cours. L'une d'elles est l'agrandissement du Camp 1 (camp Mantella) avec un nouvel abri repas et d'un nouvel espace cuisine ainsi que l'amélioration des sanitaires et de nombreux emplacements tentes. Une des autres avancées majeures concernerait l'ouverture de nouvelles pistes menant vers des points de vue spectaculaires (Ambavaomby, Ambatotsondrona) dans le parc. Ces nouvelles pistes ne permettront pas seulement l'ouverture de nouveaux sites bien contrôlés mais elles permettront également de décharger la seule piste actuelle ouverte aux visiteurs (la piste du sommet) d'une pression inhérente à l'augmentation des touristes (essentielle les gros groupes - plus de 8 personnes - conduit par les principales agences de voyage malgaches et étrangères) afin d'en réduire l'impact sur l'environnement proche du sentier.

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Juillet 2007

Patrimoine Mondial UNESCO


Le 27 juin 2007, le parc national de Marojejy a été inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO de même que cinq autres parcs nationaux correspondant à l'ensemble appelée 'Forêts Humides de l'Atsinanana'. Cette très haute distinction, somme toute largement méritée, arrive à un moment crucial pour le Marojejy. En effet nous avons récemment appris que de petite quantité de bois précieux étaient toujours extraites (de nuit) dans certains villages bordant les limites et que certaines portions dans les zones les plus reculées au nord (Andrahanjo) avaient été défrichées pour les cultures locales mais aussi pour la culture de marijuana. Les surfaces couvertes par les forêts primaires diminuent sans cesse mais nous espérons et restons confiants dans le fait que le nouveau statut apporté par un site à part entière du Patrimoine Mondial ne peut s'éteindre ni même souffrir sans la mobilisation de toutes les ressources disponibles. Ce statut apportera de nombreux nouveaux regards sur les problèmes rencontrés dans la gestion de cette aire protégée qui continuent de secouer cette place si particulière, si belle et dont l'importance n'a de limite tant elle est une pièce essentielle de la biodiversité à Madagascar.

Dossier de candidature (fichier pdf en anglais / français)

Qu'est-ce que le Patrimoine Mondial de l'UNESCO (fichier pdf en anglais)

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Avril 2007

Cyclone Indlala over northeastern Madagascar, March 2007
Le Cyclone Indlala centré sur le nord-est de Madagascar, 15 mars 2007

A la mi mars et début avril, deux cyclones ont ravagé l'un après l'autre le nord-est de Madagascar. Alors que la zone autour de la péninsule de Masoala était très touchée, la région de Marojejy n'a pas ressenti le choc de l'impact de ces violentes tempêtes. Les dommages assez restreints sur l'infrastructure du parc ont été rapidement réparés et nettoyés et le parc reste ouvert au tourisme comme d'habitude. Malheureusement les cultures de riz et de vanille ont été endommagées, ce qui pourrait sérieusement affecter l'économie locale et entraîner de nouvelles souffrances pour la population locale. Bien entendu cela met encore plus de pression sur le parc car les villageois auront besoin d'autres sources de nourriture et d'autres moyens de survie.

La dernière décennie a montré une inquiétante augmentation de la fréquence et de l'intensité des cyclones atteignant Madagascar, déjà six pour cette unique saison. Cette augmentation a été ressenti particulièrement dans le nord-est de l'île où l'on n'a plus le temps de panser les plaies d'un cyclone qu'un autre arrive déjà.

L'instabilité chronique du climat mondial semble directement affecter les régions tropicales (réchauffement de la planète) et les années à venir pourraient être et seront sans doute encore plus dévastatrices.

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Février 2007

Grumes de bois de rose destinées à l'exportation
Grumes de bois de rose destinés à l'exportation

Le trafic illicite de bois précieux dans le nord-est de Madagascar continue sans ménagement. Le 27 janvier 2007, le quotidien malgache ‘Madagascar Tribune’ signalait que plus d’une dizaine de conteneurs de bois de rose d’une valeur de plusieurs millions d’euros, avait été saisis au port de Vohémar alors qu’ils prenaient la direction de la Chine et de Singapour. Des menaces ont été faites à l’encontre des forces de l’ordre par les trafiquants et des opérateurs chinois d’Antalaha et Sambava sont fortement soupçonnés d’avoir pris part à ce trafic (avec sans doute l’appui d’autorités hautement placées). Etant donné le peu de forêt primaire subsistant dans la région de Vohémar, il y a fort à parier que ces grosses quantités de bois de rose provenaient en partie voire en totalité d’aires protégées tels les parcs nationaux de Marojejy et de Masoala.

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Novembre 2006

Deux enfants dans le tavy
A quel futur s'exposent ces enfants ?

Les collines entourant le parc national de Marojejy sont encore en feu, l'air est épais et obscurci par la fumée permanente. C'est la saison des tavy. Les habitants de la région profitent de ces mois plus secs pour appliquer les traditionnelles cultures sur brûlis afin d'y planter du riz. Plus encore que les précédentes années, les terres sont rasées et dénuées de leurs richesses, résultante directe de l'appauvrissement des populations, du déclin économique du pays et d'une démographie toujours galopante. Une grande partie de ces terres nouvellement brûlées jouxte directement les limites du parc.

Il est évident et fort compréhensible qu'une population vivant dans un tel état de pauvreté, profondément ancrée dans des traditions multi-séculaires, aura toujours tendance à essayer de faire pousser son riz n'importe où et à n'importe quel prix. Malheureusement cette solution montrera bientôt ses limites, la désertification des terres et la raréfaction des forêts s'amplifiera encore et encore. L'extension des aires protégées limite également les zones où ce type de culture peut s'étendre, les limites sont atteintes et bien souvent dépassées, mais comment faire ? La répétition des brûlis sans respecter des temps de jachère, l'érosion grandissante et l'appauvrissement des sols laissent entrevoir, à moins de trouver de réelles alternatives, un avenir bien sinistre pour les enfants malgaches d'aujourd'hui et de demain.

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Juin 2006

Après plus d'une année d'errements entre corruption, mauvaises intentions et menaces, la nouvelle équipe de l'ANGAP à Andapa sous l'impulsion de son nouveau directeur, semble enfin être sur de bons rails. Les pistes ont été réaménagées jusqu'au camp 3, l'entretien des camps a été réalisé en partenariat avec l'Alliance Française d'Andapa, des nouveaux moyens de lutte contre la chasse et les incursions sauvages à l'intérieur des aires protégées ont été mis en place. La moitié des revenus des tickets d'entrée ont été redistribués aux populations riveraines pour des projets de développement. L'heure d'un nouveau départ semble réellement avoir sonné. Espérons simplement que cela ne soit pas qu'un feu de paille.


Mars 2006

Le 13 mars, un volontaire américain des Corps de la Paix travaillant pour l'ANGAP au niveau du Marojejy et d'Anjanaharibe-Sud depuis ces deux dernières années a été évacué de la région. Cette mesure d'urgence a été prise après que l'Ambassade des Etats-Unis à Antananarivo ait été mise au courant de graves menaces de mort pesant sur la vie de ce volontaire.

Les menaces sont certainement dues en partie aux révélations faites des états de corruption avancée au sein de l'ANGAP, des Eaux & Forêts et du Ministère de l'Environnement découvertes par ce même volontaire. Ces menaces sont la suite logique de nombreuses tentatives d'intimidation, incluant le cambriolage dans sa petite maison à Andapa et le vol de documents très importants concernant le parc. Elles succèdent également aux menaces de mort formulées à l'encontre de l'ancien directeur et de sa famille qui, finalement, dut se résigner à démissionner le mois dernier.

Il est important de noter que le volontaire évacué n'a jamais, de sa propre volonté, essayé de mettre en évidence quelque corruption que ce soit mais lorsque celle-ci a menacé directement l'intégrité du parc, il s'est senti obligé d'en rendre compte.

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Janvier 2006

Neuf hectares défrichés dans le parc national de Marojejy


Le responsable logistique du parc a récemment été renvoyé après qu'il ait été prouvé que durant la période où il était un agent de conservation du parc, il en avait déplacé les limites sans autorisation. La surface dérobée au parc représente 9 ha que l'agent en question avait vendu sans scrupule à un paysan local pour la somme de 2 millions de Fmg (170 euros). La superficie ainsi achetée avait été déboisée en vue d'une culture de riz sur brûlis. Voir la photo au niveau des brèves d'octobre 2005.

Nous nous félicitons que les autorités du parc prennent finalement en compte ces cas de flagrantes corruptions et nous avons l'espoir que ce ne soit pas qu'un peu de gesticulations pour apaiser les bailleurs de fonds. Il est fort probable et presque évident que les terrains et bois de rose volés au parc l'aient été par des agents de conservation dudit parc mais malheureusement aucun de ces cas de figure ne fait actuellement l'objet d'enquête.

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Décembre 2005

Grumes de bois de rose cachées
Des grumes de bois de rose cachées à quelques kilomètres de l'entrée du parc national de Marojejy ; photo novembre 2005

Avec la réouverture de l'exportation légale de bois précieux à partir des ports malgaches, le trafic de bois de rose provenant de Marojejy a recommencé. Des tas de bois de rose prèsque certainement récoltés sans autorisation à l'intérieur du parc national sont subrepticement déplacés des villages entourant le parc et transportés sur Sambava ou Antalaha. Quand bien même les responsables du parc (à tout niveau) fussent au courant de ces stocks, aucun effort n'a été fait en vue de contrôler l'origine et la légalité de ces grumes. Malheureusement et presque inévitablement, avec la réouverture légale des exportations (essentiellement vers les marchés asiatiques, chinois notamment), les trafics vont reprendre de plus belle et les derniers bois de rose du parc seront ainsi voués à la disparition.

Le personnel du parc clairement impliqué dans les coupes illégales de bois de rose à l'intérieur du parc au mois de mars dernier continue d'officier à leurs postes sans aucune sanction. Pis que cela, certains furent récemment désignés comme représentants officiels lors de la visite de groupes provenant des principaux bailleurs de fonds internationaux du parc.

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Octobre 2005

Défrichement à l'intérieur du Parc National de Marojejy
Défrichement à l'intérieur du Parc National de Marojejy (Bekona)
photo Octobre 2005


Des parcelles entières de forêt à l'intérieur des limites du parc sont en train d'être défrichées par la population locale pour l'établissement de cultures sur brûlis. La végétation a été coupée et est en train de sécher avant d'être brûlée durant les mois de la saison sèche en octobre et novembre. Si certains de ces endroits sont déjà recouverts de forêt secondaire (les coupes avaient été effectuées durant la crise politique de la fin des années 80), d'autres, par contre, étaient encore de véritables bastions de la forêt primaire originelle.

Le fait le plus troublant est que certaines bornes définissant les limites du parc auraient été déplacées plus à l'intérieur et ce avec l'approbation voire même l'appui de malhonnêtes employés du parc. Malgré le fait que ces bornes aient été recensées via GPS quelques années auparavant, les données collectées ont été malencontreusement perdues, comme beaucoup d'autres documents et études importants d'ailleurs, et l'équipe 'fiable' du parc ne peut plus compter que sur la mémoire visuelle des habitants pour retrouver les emplacements d'origine exacts.


Comment on peut aider

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