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Brèves Le 27 juin 2007, le parc national de Marojejy a été inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO de même que cinq autres parcs nationaux correspondant à l'ensemble appelée 'Forêts Humides de l'Atsinanana'. Cette très haute distinction, somme toute largement méritée, arrive à un moment crucial pour le Marojejy. En effet nous avons récemment appris que de petite quantité de bois précieux étaient toujours extraites (de nuit) dans certains villages bordant les limites et que certaines portions dans les zones les plus reculées au nord (Andrahanjo) avaient été défrichées pour les cultures locales mais aussi pour la culture de marijuana. Les surfaces couvertes par les forêts primaires diminuent sans cesse mais nous espérons et restons confiants dans le fait que le nouveau statut apporté par un site à part entière du Patrimoine Mondial ne peut s'éteindre ni même souffrir sans la mobilisation de toutes les ressources disponibles. Ce statut apportera de nombreux nouveaux regards sur les problèmes rencontrés dans la gestion de cette aire protégée qui continuent de secouer cette place si particulière, si belle et dont l'importance n'a de limite tant elle est une pièce essentielle de la biodiversité à Madagascar. Dossier de candidature (fichier pdf en anglais / français) Qu'est-ce que le Patrimoine Mondial de l'UNESCO (fichier pdf en anglais)
A la mi mars et début avril, deux cyclones ont ravagé l'un après l'autre le nord-est de Madagascar. Alors que la zone autour de la péninsule de Masoala était très touchée, la région de Marojejy n'a pas ressenti le choc de l'impact de ces violentes tempêtes. Les dommages assez restreints sur l'infrastructure du parc ont été rapidement réparés et nettoyés et le parc reste ouvert au tourisme comme d'habitude. Malheureusement les cultures de riz et de vanille ont été endommagées, ce qui pourrait sérieusement affecter l'économie locale et entraîner de nouvelles souffrances pour la population locale. Bien entendu cela met encore plus de pression sur le parc car les villageois auront besoin d'autres sources de nourriture et d'autres moyens de survie. La dernière décennie a montré une inquiétante augmentation de la fréquence et de l'intensité des cyclones atteignant Madagascar, déjà six pour cette unique saison. Cette augmentation a été ressenti particulièrement dans le nord-est de l'île où l'on n'a plus le temps de panser les plaies d'un cyclone qu'un autre arrive déjà. L'instabilité chronique du climat mondial semble directement affecter les régions tropicales (réchauffement de la planète) et les années à venir pourraient être et seront sans doute encore plus dévastatrices.
Le trafic illicite de bois précieux dans le nord-est de Madagascar continue sans ménagement. Le 27 janvier 2007, le quotidien malgache ‘Madagascar Tribune’ signalait que plus d’une dizaine de conteneurs de bois de rose d’une valeur de plusieurs millions d’euros, avait été saisis au port de Vohémar alors qu’ils prenaient la direction de la Chine et de Singapour. Des menaces ont été faites à l’encontre des forces de l’ordre par les trafiquants et des opérateurs chinois d’Antalaha et Sambava sont fortement soupçonnés d’avoir pris part à ce trafic (avec sans doute l’appui d’autorités hautement placées). Etant donné le peu de forêt primaire subsistant dans la région de Vohémar, il y a fort à parier que ces grosses quantités de bois de rose provenaient en partie voire en totalité d’aires protégées tels les parcs nationaux de Marojejy et de Masoala.
Les collines entourant le parc national de Marojejy sont encore en feu, l'air est épais et obscurci par la fumée permanente. C'est la saison des tavy. Les habitants de la région profitent de ces mois plus secs pour appliquer les traditionnelles cultures sur brûlis afin d'y planter du riz. Plus encore que les précédentes années, les terres sont rasées et dénuées de leurs richesses, résultante directe de l'appauvrissement des populations, du déclin économique du pays et d'une démographie toujours galopante. Une grande partie de ces terres nouvellement brûlées jouxte directement les limites du parc. Il est évident et fort compréhensible qu'une population vivant dans un tel état de pauvreté, profondément ancrée dans des traditions multi-séculaires, aura toujours tendance à essayer de faire pousser son riz n'importe où et à n'importe quel prix. Malheureusement cette solution montrera bientôt ses limites, la désertification des terres et la raréfaction des forêts s'amplifiera encore et encore. L'extension des aires protégées limite également les zones où ce type de culture peut s'étendre, les limites sont atteintes et bien souvent dépassées, mais comment faire ? La répétition des brûlis sans respecter des temps de jachère, l'érosion grandissante et l'appauvrissement des sols laissent entrevoir, à moins de trouver de réelles alternatives, un avenir bien sinistre pour les enfants malgaches d'aujourd'hui et de demain. Après plus d'une année d'errements entre corruption, mauvaises intentions et menaces, la nouvelle équipe de l'ANGAP à Andapa sous l'impulsion de son nouveau directeur, semble enfin être sur de bons rails. Les pistes ont été réaménagées jusqu'au camp 3, l'entretien des camps a été réalisé en partenariat avec l'Alliance Française d'Andapa, des nouveaux moyens de lutte contre la chasse et les incursions sauvages à l'intérieur des aires protégées ont été mis en place. La moitié des revenus des tickets d'entrée ont été redistribués aux populations riveraines pour des projets de développement. L'heure d'un nouveau départ semble réellement avoir sonné. Espérons simplement que cela ne soit pas qu'un feu de paille. Le 13 mars, un volontaire américain des Corps de la Paix travaillant pour l'ANGAP au niveau du Marojejy et d'Anjanaharibe-Sud depuis ces deux dernières années a été évacué de la région. Cette mesure d'urgence a été prise après que l'Ambassade des Etats-Unis à Antananarivo ait été mise au courant de graves menaces de mort pesant sur la vie de ce volontaire. Les menaces sont certainement dues en partie aux révélations faites des états de corruption avancée au sein de l'ANGAP, des Eaux & Forêts et du Ministère de l'Environnement découvertes par ce même volontaire. Ces menaces sont la suite logique de nombreuses tentatives d'intimidation, incluant le cambriolage dans sa petite maison à Andapa et le vol de documents très importants concernant le parc. Elles succèdent également aux menaces de mort formulées à l'encontre de l'ancien directeur et de sa famille qui, finalement, dut se résigner à démissionner le mois dernier. Il est important de noter que le volontaire évacué n'a jamais, de sa propre volonté, essayé de mettre en évidence quelque corruption que ce soit mais lorsque celle-ci a menacé directement l'intégrité du parc, il s'est senti obligé d'en rendre compte.
Le responsable logistique du parc a récemment été renvoyé après qu'il ait été prouvé que durant la période où il était un agent de conservation du parc, il en avait déplacé les limites sans autorisation. La surface dérobée au parc représente 9 ha que l'agent en question avait vendu sans scrupule à un paysan local pour la somme de 2 millions de Fmg (170 euros). La superficie ainsi achetée avait été déboisée en vue d'une culture de riz sur brûlis. Voir la photo au niveau des brèves d'octobre 2005. Nous nous félicitons que les autorités du parc prennent finalement en compte ces cas de flagrantes corruptions et nous avons l'espoir que ce ne soit pas qu'un peu de gesticulations pour apaiser les bailleurs de fonds. Il est fort probable et presque évident que les terrains et bois de rose volés au parc l'aient été par des agents de conservation dudit parc mais malheureusement aucun de ces cas de figure ne fait actuellement l'objet d'enquête.
Avec la réouverture de l'exportation légale de bois précieux à partir des ports malgaches, le trafic de bois de rose provenant de Marojejy a recommencé. Des tas de bois de rose prèsque certainement récoltés sans autorisation à l'intérieur du parc national sont subrepticement déplacés des villages entourant le parc et transportés sur Sambava ou Antalaha. Quand bien même les responsables du parc (à tout niveau) fussent au courant de ces stocks, aucun effort n'a été fait en vue de contrôler l'origine et la légalité de ces grumes. Malheureusement et presque inévitablement, avec la réouverture légale des exportations (essentiellement vers les marchés asiatiques, chinois notamment), les trafics vont reprendre de plus belle et les derniers bois de rose du parc seront ainsi voués à la disparition. Le personnel du parc clairement impliqué dans les coupes illégales de bois de rose à l'intérieur du parc au mois de mars dernier continue d'officier à leurs postes sans aucune sanction. Pis que cela, certains furent récemment désignés comme représentants officiels lors de la visite de groupes provenant des principaux bailleurs de fonds internationaux du parc.
Des parcelles entières de forêt à l'intérieur des limites du parc sont en train d'être défrichées par la population locale pour l'établissement de cultures sur brûlis. La végétation a été coupée et est en train de sécher avant d'être brûlée durant les mois de la saison sèche en octobre et novembre. Si certains de ces endroits sont déjà recouverts de forêt secondaire (les coupes avaient été effectuées durant la crise politique de la fin des années 80), d'autres, par contre, étaient encore de véritables bastions de la forêt primaire originelle. Le fait le plus troublant est que certaines bornes définissant les limites du parc auraient été déplacées plus à l'intérieur et ce avec l'approbation voire même l'appui de malhonnêtes employés du parc. Malgré le fait que ces bornes aient été recensées via GPS quelques années auparavant, les données collectées ont été malencontreusement perdues, comme beaucoup d'autres documents et études importants d'ailleurs, et l'équipe 'fiable' du parc ne peut plus compter que sur la mémoire visuelle des habitants pour retrouver les emplacements d'origine exacts. |
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