Parc National de Marojejy
English   |   Introduction   |   Paysage   |   Biodiversité   |   Les Gens   |   Menaces   |   Visite   |   Contact   |   Cartes/Photos   |   Liens
Rechercher dans marojejy.com

fourni par FreeFind

Grumes de bois de rose cachés quelques km hors du PN de Marojejy
Grumes de bois de rose cachés quelques km hors du PN de Marojejy
photo Novembre 2005



Menaces sur le Parc

Brèves

Juillet 2007 : Le parc national de Marojejy a été inscrit sur la liste du Patrimoine Mondial de l'UNESCO... [suite]

Avril 2007 : Deux cyclones ont dévasté le nord-est de Madagascar le mois dernier... [suite]

Février 2007 : Le trafic illicite de bois précieux dans le nord-est de Madagascar continue... [suite]

Novembre 2006 : Les collines aux alentours du parc de Marojejy sont encore en feu... [suite]

Mars 2006 : Menaces de mort sur un volontaire causant son évacuation... [suite]

Janvier 2006 : Le Logisticien du Parc est licencié après qu'il ait été découvert qu'il avait vendu 9 ha de terrain du parc... [suite]

Décembre 2005 : Le trafic de bois de rose provenant de Marojejy a encore repris... [suite]

Octobre 2005 : D'importantes zones à l'intérieur des limites du parc de Marojejy sont actuellement rasées pour les cultures sur brûlis des populations locales... [suite]


Etant un parc national, le massif du Marojejy est officiellement protégé de toute menace. Malheureusement sa faune et sa flore sont en réalité loin d'être parfaitement en sécurité.

Des coups de fusil sont trop souvent entendus dans les limites de la réserve, de nombreux pièges sont également fréquemment découverts, les hommes ne cessent de chercher de nouveaux moyens de capturer des lémuriens (c'est un mets de choix). Les bois précieux tels que le palissandre, le bois de rose, le bois d'ébène ou d'autres essences tout aussi précieuses sont encore coupées et tirées hors du parc pour l'exportation. De même les terres aux alentours du parc sont constamment rasées et brûlées par les habitants afin de faire semer quelques pousses de maniocs ou quelques plans de riz.

Les patrouilles censées protéger et surveiller la zone du Parc National de Marojejy sont à la fois insuffisantes en nombre mais également inutiles en répression. Les agents de conservation du parc sont répartis de manière très sporadique dans la périphérie du parc. De plus les habitants des villages connaissent très bien les programmes de ces agents, de même que leurs dates de vacances ou de quelque absence que ce soit. Ainsi, récemment, à Mandena, un village situé à moins de trois kilomètres de l'entrée du parc, des habitants ont signalé qu'un homme avait tué deux lémuriens à front blanc dans le parc. La personne responsable était en vacances et lorsqu'elle est revenue, trois jours plus tard, le chasseur avait disparu.


Lémuriens massacrés dans le Parc National de Marojejy
Lémuriens massacrés dans le Parc National de Marojejy


Les lois sont également si faciles à contourner. Par exemple, une décision gouvernementale prise à la fin de 2004 a autorisé la collecte des bois précieux (bois de rose, bois d'ébène, palissandre etc.) endommagés par les derniers cyclones dans les zones non protégées et ce, pour une durée de six mois seulement et dans des circonstances bien précises. Sous la responsabilité du ministère des Eaux et Forêts malgache, les zones devaient être visitées et les bois comptés puis marqués par les agents en fonction. Ces mesures étaient cependant très difficiles à contrôler, pour plusieurs raisons d'ailleurs, les agents des Eaux et Forêts n'étant définitivement pas assez nombreux, les documents officiels trop facilement falsifiables et le coût de ces bois précieux trop élevé pour ne pas susciter quelque corruption ou autre arrangement. En définitive, beaucoup de forêts, incluant même celles des parcs et réserves nationaux, ont été pillés et de nombreux arbres multi-centenaires ont été coupés.

Même lorsque les contrevenants sont attrapés, les condamnations restent symboliques et par trop clémentes. Dans un cas, un chasseur avait été appréhendé dans le parc avec un propithèque soyeux tout juste tué (espèce extrêmement menacée) commandité par un autre homme d'un village voisin. Ni l'un ni l'autre ne fut emprisonné ni même sanctionné, le fusil retourna même à son propriétaire le mois suivant. Très récemment, plusieurs personnes ont été attrapées en train de couper et de ramasser des bois de rose à l'intérieur du Parc National de Marojejy, elles furent tout simplement condamnées à dix jours de travail plus symbolique qu'autre chose à nettoyer le quartier général à l'entrée du parc. Des employées du parc qui ont pris des pots-de-vin et qui ont facilité le ramassage des bois de rose restent encore dans leurs postes sans aucune sanction.

Brûlis à côté du Parc National de Marojejy
Brûlis à côté du Parc National de Marojejy
photo Novembre 2005

Le Parc National de Marojejy est également confronté à une démographie bourgeonnante à ses frontières, celle-ci met en péril toute la faune et la flore en détruisant la majeure partie de ce qui reste encore viable de forêt. La densité de population de cette région est parmi la plus haute du pays tout entier. Pendant les derniers 30 ans le nombre d'individus a triplé jusqu'à présent quand il y a environs 200.000 habitants (dont la grande majorité sont des cultivateurs de subsistence) dans un rayon de 40 km d'Andapa. Les terres cultivables sont insuffisantes et les gens n'ont de cesse d'en chercher de nouvelles, celles-ci sont rares et les brûlis aux abords du parc réduisent et fragmentent les aires encore vierges ce qui contribue à la perte de diversité des habitats, à la raréfaction voire à l'extinction de nombreuses espèces ainsi qu'à une érosion irrémédiable des collines et à un envasement conséquent des rivières.

Afin de protéger l'extraordinaire richesse du massif de Marojejy, il n'est pas suffisant d'en protéger uniquement les frontières, il est important d'en durcir les règlements à ses abords. Le plus important pourtant, semble l'éducation à apporter aux villageois habitant dans ses environs. Ceux-ci doivent être sensibilisés à l'environnement, à la précarité de ce qui les entoure, à la nécessité de conserver ce qui pourra encore un jour nourrir leurs enfants, leurs descendance. A cette fin, le gouvernement malgache et de nombreux organismes de conservation internationaux mettent en place de multiples projets pour promouvoir cette sensibilisation auprès des communautés locales tout en leur inculquant des techniques alternatives de cultures et de développement par rapport à leurs méthodes traditionnelles souvent très destructrices. Des clubs de jeunes très motivés, des projets de pépinières à des fins de reboisement réel en essences locales, de nouveaux procédés de fours économisant le bois, des techniques de cultures intensives, l'écotourisme tout juste naissant, l'amélioration des écoles et des centres de santé plus performants sont autant d'espoirs récemment introduits dans la région du massif de Marojejy pour juguler, faire reculer et peut-être un jour définitivement éliminer les grandes menaces qui asphyxient cet endroit très particulier, unique, fantastique et sans doute sans équivalent à Madagascar.

Comment on peut aider

Diaporama : Menaces


 HAUT DE LA PAGE